Ils partirent tous les deux ensemble …
le chien suivit derrière eux.
(Tobit 11.4)
Parmi des myriades, ils étaient au nombre approximatif de quinze milliards et faisaient partie du neuvième chœur.
Les derniers venaient de rentrer de mission.
Un à un, depuis des siècles et des siècles, ils avaient été les officiers traitants d’êtres bizarres faits, comme eux, d’un esprit mais aussi d’une enveloppe de matière.
Le Roi y tenait de tout son cœur paternel.
Leur mission, auprès de ces créatures précieuses et difformes, était particulièrement délicate. Ils devaient en assurer la protection et les guider sans jamais porter atteinte à leur libre arbitre. Autant dire que pour la grande majorité d’entre eux, ce ne fut pas une sinécure malgré leurs immenses pouvoirs.
Ils étaient là, ce qui est une façon de parler propre au monde et au temps désormais clos.
Dans le Royaume où ils étaient chez eux, ici ou là n’avaient jamais rien signifié.
Ils étaient là en ce sens que, magnifiques de leur substance faite pour refléter la Lumière qu’aucun ne pouvait regarder, ils étaient en communication incessante, les uns avec les autres.
Par illumination, ils participaient à l’Excellence et à la Science des chœurs supérieurs par le reflet de ces derniers.
Ce que l’un savait, il le « racontait », le communiquait à tous les autres, dans une instantanéité et une simultanéité intemporelle.
Tous étaient splendides, différents et uniques et cela faisait partie de leur perfection.
L’un d’eux, qui venait de raconter l’histoire de son protégé et frère humain, se distinguait des autres.
A ses pieds dormait un vieux chien.
